On appelle décor toute ornementation employée pour décorer n’importe quel objet, vases, meubles, boiseries, édifices, etc…
Cette ornementation peut être peinte, dorée, gravée ou sculptée ; elle enjolive et modifie les surfaces sur lesquelles elle est appliquée ; l’ensemble de ces décors prend le nom de décoration. On donne le nom de décors du bâtiment aux travaux de filage, imitationdes bois,marbres, bronzes, granits, de coupe de pierre, etc…
On appelle aussi décorsl’ensemble des coulisses, frises, portants, toiles peintes utilisées au théâtre pour donner au spectateur l’illusion du lieu où se déroule l’action.
Ce genre de décor prend le nom de décoration théâtrale.
Décorateur :
Jusqu’au XIXe siècle le mot décorateur n’avait pas la même signification que celle qui lui est donné de nos jours. Avant cette époque les plus grands artistes ne pensaient pas abaisser leur talent en s’occupant des travaux de décoration. De grands peintres ne croyaient pas déchoir en composant des cartons pour des tapisseries ou des vitraux, ou dessiner des motifs pour des étoffes.
Au XIXe siècle une distinction se fit, une frontière se créa entre la peinture artistique et la peinture décorative, qui se divisa elle-même en spécialistes d’une branche de décoration plutôt que d’une autre.
Dans l’architecture on trouve le terme d’architecte décorateur, et de nos jours l’ensemblierdécorateurqui s’occupe de la décoration des pièces d’habitation depuis leur disposition jusqu’à la peinture en passant par les revêtements, le mobilier, les tentures, les rideaux, etc…
Les sculpteurs décorateurs qui modèlent ou sculptent toute ornementation pour le mobilier, l’encadrement, les bâtiments, etc…
Les peintres décorateurs qui se chargent de peindre des fresques, des fleurs, des guirlandes, des trophées, dessus de portes, frises, etc…, ainsi que ceux qui sont spécialisés dans la décoration théâtrale où ils peignent toiles de fond, frises, portants, en un mot tous les décors utilisés dans l’art scénique. Le terme de peintre en décor est plutôt réservé aux décorateurs qui exécutent les imitations de bois et marbres, les fausses moulures, le filage, etc…
Sans rentrer dans la querelle des arts majeurs et des arts mineurs, nous dirons que le peintre décorateur quelle que soit la tâche qu’il accomplit doit avoir une âme d’artiste, être doué d’imagination, de sentiments et surtout connaître son métier .Ce métier s’apprends par la pratique et l’expérience, par l’étude des maîtres aussi bien les anciens que ceux de nos jours ; ils doivent savoir adapter les anciennes techniques à l’esprit contemporain, s’inspirer de certaines formes sans les copier, en un mot faire avec tous ces éléments un œuvre belle et originale.
Décoratif :
Tout ce qui orne, décore ou est utile a la décoration d’une surface.
Dés son origine l’homme aime parer son corps et sa demeure ; ainsi l’art décoratif est né avec l’homme et son domaine est infiniment vaste puisqu’il touche à toutes les formes de l’activité humaine aussi bien privée que collective.
Ainsi désigne-t-on sous le nom d’artsdécoratifs ou arts appliqués toute création qui a une utilité dans la vie physique de l’homme tout en étant harmonieuse de formes, de lignes, de couleurs ou d’ornementation.
Décoration :
Pour bon nombre de personnes, le mot décoration évoque le décor d’une pièce, d’une maison, une idée d’ensemble mobilier ou de peintures ornementales. Mais le sujet devient beaucoup plus vaste si on songe que rien que la matière utilisée est déjà une décoration par elle-même par la combinaison de couleurs qu’elle possède, la nacre par exemple. Une forme réduite a quelques lignes harmonieuses est déjà décorative indépendamment de l’ornementation qui viendra la décorer.
La décoration a depuis son origine puisé ses sources dans l’imitation, l’invention, l’interprétation.
Dans l’imitation, les formes du règne animal et du règne végétal sont peu modifiées. Elles sont reproduites presque exactement et concourent à la décoration de paysages décoratifs, scènes de genres, etc…
Dans la décoration inventée, n’entre qu’une ornementation puisé uniquement sans que ces ornements dérivent de la nature, tels les grecques, les polygones, les rosaces géométriques, les méandres, les volutes, chevrons, griffons, dragons, harpies, etc…
Lorsque la nature est interprété, la décoration s’inspire d’une forme naturelle qu’elle reproduit en la modifiant pour lui donner une apparence ornementale tellement accusée que parfois cette forme est méconnaissable. Ces ornements prennent le nom des figures qui les ont inspirés : feuilles diverses, acanthe, vagues, nattes, écailles, etc…
La décoration bien qu’étant secondaire doit toujours s’exprimer franchement, elle ne doit pas noyer l’ensemble avec les lignes et les tons pour le dominer. La décoration doit être étudiée en fonction de sa destination, de la matière et respecter le caractère de la pièce ou de l’objet pour le quel elle est conçue. Ainsi un meuble de cuisine qui serait enrichi de décoration dorée serait absurde ; la matière d’un tissu s’accommoderait mal d’un dessin de fer forgé ou oublier le caractère religieux d’une chapelle en la décorant avec des sujets galants. La décoration doit répartie les masses décoratives de manière a ce qu’il t ait toujours un équilibre, sinon la composition paraîtra plus lourde d’un côté que de l’autre et donnera l’impression de pencher.
Chaque époque a crée un ensemble de caractères propre à l’art d’un groupe ou d’un artiste, révélant ainsi la tournure d’esprit des goûts et des tendances de cette époque, c’est ce que l’on nomme le style.
Le style dans la décoration évolue continuellement avec les progrès scientifiques, l’évolution économique et sociale, les besoins de la société, etc…c’est ce que l’on nomme le style contemporain. Ceci n’est pas une raison pour qu’un décorateur doive ignorer les styles du passé. En étudiant les leçons des grands décorateurs du passé, il sera mieux à même d’exercer son métier à notre époque. De plus, cette connaissance lui permettra d’exécuter des restaurations ou des réfections partielles sur des chefs d’œuvres du passé. Ensuite il est notoire qu’actuellement on fait beaucoup de « style » ; cette connaissance des styles anciens lui assurera de reconstituer des ambiances d’une époque donnée qui mettra en valeur un mobilier authentique, ou reconstituer un décor d’époque sur un plafond ou sur un meuble.
Seront aussi nécessaire la connaissance des principes élémentaires de l’architecture pour éviter les fautes de proportion et d’équilibre. Tous ces éléments unis au bon goût et à la conscience professionnelle amènera à exprimer une décoration élégante qui portera avec elle son originalité et son style propre.
Depuis les civilisations les plus reculées, tous les peuples ont ornés et décorés tout ce qui leur appartenait, demeures, outils, armes, vases, etc…
Même chez les peuples sauvages on retrouve ce besoin d’agrémenter l’objet banal par des couleurs ou des sculptures qui le différenciera de celui de son voisin.
Jusque vers le milieu du XVIIIe siècle, le mot « ART » résumait l’ensemble des techniques pour exécuter un ouvrage ou un métier à la perfection. L’artiste qu’il fut peintre, céramiste, émailleur, orfèvre ou sculpteur, était plutôt considéré comme un excellent artisan que comme un artiste.
De nos jours, l’Art est dit décoratif lorsqu’il s’applique à des surfaces, à des objets, des meubles, etc…qui présentent par leur forme, leur coloration, ou leur ornementation, un intérêt et qui de plus ont une utilité dans le cadre de notre vie. La délimitation entre les œuvres dites artistiques est mal définie, nous pensons que ce qui peut définir une « Œuvre d’Art », qu’elle soit décorative ou artistique, c’est d’y retrouver avec la virtuosité dans le métier, le bon goût, le talent et si possible le génie.
Au Style …
On a appelé Arts Décoratifs ou style 1925, les différentes tendances qui se sont développées entre 1918 et 1939 et dont l’Exposition Internationale des Arts Décoratifs en 1925 en avait fixé un moment le style.
Dans ce style, la décoration intérieure est davantage l’œuvre des tapissiers, des ébénistes surtout, des céramistes, verriers, ferronniers plutôt que celle du peintre décorateur. Paradoxalement ce style a mis à la mode le fer forgé et son imitation peinte mais a banni les imitations de bois et de marbre. On a employé les teintes vives sans jamais aller au maximum du contraste par la prédominance des teintes froides sur lesquelles tranches ces mêmes teintes vives. Par la suite, dans les années 30, on affine encore les tonalités en employant davantage les tons clairs pour arriver bientôt au blanc pur.
Quelques années après l’Exposition des Arts Décoratifs, les meubles présentés lors de cette exposition sont déjà dépassés. On simplifie tout,on supprime les moulures, les reliefs et ornementations , pour faire des décors et des meubles dépouillés à l’extrême, aux formes carrées, cherchant davantage le fonctionnel, plutôt que l’esthétique.
Par réaction à ce manque d’unité, on est revenu timidement aux styles anciens comme le Directoire et l’Empire et cette tendance s’accentuera après la guerre de 1939-1945.